L’urine, rien de mieux pour fortifier la bonne oseille du jardin

6 octobre 2018 / Christine Laurent (Reporterre)

Les fraîcheurs matinales au Jardin sans pétrole hypothèquent la maturation des derniers fruits des tomates et des haricots. Pour revitaliser l’oseille, malmenée par la sécheresse, un bon mélange de compost et d’eau mêlée d’urine s’impose.

Il fait frais sur nos bicyclettes. Je regrette presque de ne pas porter de couvre-chef. Ces fraîcheurs matinales ne sont pas bonnes pour les plantes estivales, originaires d’Amérique du Sud que nous avons adoptées en nombre. Haricots et tomates sont passés en croissance lente depuis que la température a chuté la nuit en dessous de 10 degrés Celsius. Nous espérons que leurs derniers fruits parviendront à maturité.

Tandis que Jean-Marie protège les tomates encore nombreuses avec la fin d’un rouleau de bâche transparente, j’apporte un peu de soin aux pieds d’oseille. Bien que ses racines soient profondes, l’oseille a souffert de la sécheresse, car elle n’est pas alimentée par l’arrosage automatique. Un bon binage des pieds, un apport de compost et un arrosoir d’eau additionnée d’un pipi, sur chacune des deux rangées est bien le moins que l’on puisse faire !

Pour s’assurer de la pousse des derniers haricots, il a fallu protéger les plants du froid.

Nos apports d’urine, même modestes sont une source notamment d’azote et de phosphore

Utiliser notre urine est devenu un geste de recyclage supplémentaire quand nous sommes au jardin, depuis que nous avons lu les résultats que l’ingénieur Renaud de Looze a obtenus à l’issue de longues expérimentations menées dans sa pépinière de l’Isère.

Nous ne pouvons pas suivre ses protocoles de fertilisation à la lettre. Pour autant nos apports d’urine, même modestes sont une source notamment d’azote et de phosphore. En association avec le compost, les divers composants créent une synergie favorable à l’alimentation des plantes.

Nos pieds d’oseille, même s’ils ont trouvé dans notre sol, composé de sable et de limon, matière à s’épanouir, ont besoin d’un petit remontant à l’automne et au printemps. Ils poussent au moins huit mois par an, nous offrant un joli bouquet hebdomadaire de feuilles dont la forme en fer de lance lui a donné son nom latin Rumex (qui signifie point de dard). Il en existe des dizaines d’espèces sauvages, qui sont toutes comestibles. Celle que nous cultivons est issue de l’espèce Rumex acetosa.

Sa production est bien suffisante, car ce légume délicieusement acidulé et riche en fer contient aussi de l’acide oxalique dont la consommation exagérée peut favoriser les concentrations calciques et porter préjudice à la calcification osseuse.




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Lire aussi : L’urine, un engrais épatant

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre sauf
. chapô : de l’oseille, variété Rumex acetosa. Dinkum (CC0)

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