« Contre l’invasion militaire d’un État destructeur », les soutiens des zadistes se sont retrouvés à Paris

11 avril 2018 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

Mardi 10 avril, en fin de journée, les soutiens parisiens aux Zadistes de Notre-Dame-des-Landes se sont réunis pour faire « rayonner la résistance de la Zad absolument partout en France ».

  • Paris, reportage

Devant la fontaine Saint-Michel, à Paris, les deux chimères de marbre vert rugissent silencieusement tandis que la place se garnit. En plein cœur de la capitale, ce mardi 10 avril, à partir de 18 heures, Notre-Dame-des-Landes se propage dans les résonances d’une centaine de voix. Elle vole la vedette, le temps d’un rassemblement, à une autre grande dame : Notre-Dame-de-Paris, située à deux pas de là.

Comme à Belleville et Tolbiac le jour précédent, ou à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) un peu plus tôt dans la journée, les soutiens parisiens des militant.e.s et de l’esprit de la Zad de Notre-Dame-des-Landes se réunissent. « Le but est de manifester un soutien sans faille aux personnes, aux amis, aux camarades et à toutes celles et ceux qui résistent, sur place, contre l’invasion militaire d’un État destructeur », explique Michel, qui prévoit de rallier la Loire-Atlantique dès le lendemain. « L’État, en prétendant rétablir l’État de droit, s’exempt de ses propres règles, regrette-t-il. Dans ce contexte, se rassembler, c’est faire rayonner la résistance de la Zad absolument partout en France. Non seulement pour affirmer un soutien, mais aussi pour tisser une continuité directe avec les luttes menées par les étudiants, les cheminots (...). » Il tient à rappeler qu’en 2012, c’est par « une mobilisation foudroyante », à travers la France, « que l’opération César avait été mise en échec politiquement et en matière de rapport de force », glisse-t-il. « Ce qui se passe aujourd’hui, c’est un César 2, et la réaction doit être la même. »

« La Zad, c’est un peu la condensation de tous les projets de rechercher d’un avenir différent » 

Quelques brèves prises de parole se succèdent. En substance : une résistance qui se rode à Notre-Dame-des-Landes, un appel la renforcer sur place, un point sur les blocages de facs. Les discussions animées fleurissent et fourmillent au sein de plus petits groupes.

Mardi 10 avril, à Paris.

« La Zad, c’est un peu la condensation de tous les projets de rechercher d’un avenir différent, la preuve qu’ils peuvent cohabiter ensemble », estime notamment Mika, étudiant. Un peu plus loin, sur le pont Saint-Michel, une bonne vingtaine de cars de CRS est à l’affût. « Toutes ces présences policières, les répressions qu’elles exercent, c’est avant tout la traduction d’une certaine peur », poursuit Mika, appelant à « diviser leurs forces limitées en multipliant les actions ». À ses côtés, Ana espère que « toujours plus de de personnes se mobiliseront, se réveilleront au fil du temps et des mouvements, pour remettre en question un ordre établi et injuste ». « En tout cas, nous, on a encore les piles pour tenir très longtemps », promettent-ils.



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Lire aussi : À Belleville, dans le métro, à Tolbiac… à Paris, la « Zad est lumière »

Source : Alexandre-Reza Kokabi pour Reporterre

Photos : © Alexandre-Reza Kokabi/Reporterre

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